Corso di scrittura creativa, Exercises writing course

Le bracelet perdu, Daria-Ioana Cornea

Exercises from the Energheia Writing Course 2024

Hallo, my name is Inigo Montoya

Teacher: Tabea Hawkins (Energheia International Writing Course 2024)

Theme: Creating character voices, dialogue and scenes

Start of the characters day

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Le bracelet perdu

1986. Nous avions fugué. Inia n’était même pas censée venir, elle ne voulait que me protéger, mais nous voilà en pleine fuite. Nous avions marché une nuit entière, voyant le soleil se lever bien avant notre arrivée. De Tricarico à Matera. Plus personne ne pouvait nous retrouver.

Nos pieds étaient enflés, nos corps dégoulinaient de sueur, et nous n’avions pas d’eau. Nous nous étions arrêtés en face d’un bar fermé qui avait oublié une cannette de bière sur une table. Nous n’avions pas le choix, c’était soit la bière chaude, soit la déshydratation en stade avancé. Il y avait quelques insectes dedans…disons que c’était un petit apport en protéines.

Quand allions nous arrêter de marcher? Où allions nous? Nous n’en avions pas la moindre idée. Tout ce dont on était conscients, c’est que nous avions fugué durant la nuit sans nourriture,sans eau et sans argent. Tout ce dont nous étions sûrs, c’est que nous étions là l’un pour l’autre. Désormais seuls, contre le reste du monde.

Inia n’avait pensé à emmener avec elle qu’un détail dont plus rien ne subsiste à ce jour: un bracelet. Ce bracelet lui avait été offert par notre mère, il était en or et avec une petite perle blanche. C‘était une perle de culture. Ma mère avait pour coutume de dire que cette perle, c‘était elle. Je n’arrivais pas forcément à comprendre cet attachement qu‘elle vouait à ce bracelet. Pourquoi ma mère ne voulait-elle jamais que ma soeur sorte avec ce dernier autour du poignet?

Je l‘ai su suite à notre aventure : l’or est convoité, et la perle éblouit, elle attire. Un voleur nesaurait poser ses yeux autre part, il est vrai. Inia, jeune fille de 13 ans à ce moment, nesachant la valeur qu’un métal précieux pouvait avoir aux yeux d’un vicieux tel qu‘il était, portait ce bracelet avec innocence.

Les nuits sans sommeil portent préjudice à l’esprit, se faisant trahir par le corps, qui ne sait plus réagir aux signaux d’alarme. 36 heures sans sommeil portaient notre jugement du monde qui nous entourait. Le danger? Il n’y en avait pas, pourquoi il y en aurait-il?

C’est alors que nos réflexes s’étaient estompés que tout s’est deroulé.

Et depuis, tous les matins du monde sont sans retour.