Au diable avec le mariage de Lilith, Daria-Ioana Cornea
Exercises from the Energheia Writing Course 2024
Italian young literature – Learning from Nordic conflicts
Teacher: Ulf Peter Hallberg (Energheia International Writing Course 2024)
Theme: Opening exercise based around an alter ego, Matera, two characters and a mystery.
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Au diable avec le mariage de Lilith
J’ai rêvé de la robe blanche satinée, de cette journée passée à me pouponner, de ces compliments venant de toutes parts, des fleurs qui m’habillaient avec leur parfum. Je rêvais de cette journée, où le centre de l’attention, c’était moi.
Personne n’avait mentionné qu’après cette journée, je ne me ferai plus jamais remarquer, et c’est à peine si on daigne m’adresser un regard.
Maudites les nuits d’insomnie et de larmes, à ton sujet, toi, qui n’a su d’amour que le nom. Et qu’une aiguille s’enfonce dans ton coeur pour chaque instant où j’ai craint que le monde te voit. Toi, ton visage, et ces fossettes qui ont fait de moi une esclave. Qu’oublie le miroir de refléter ton image et que l’eau même s’agite afin que jamais tu ne puisses revoir l’amour que j’y ai laissé.
À aucun homme je ne consentirai qu’il dicte ma sentence, seulement Dieu peut me juger, et seulement à lui je dois obéissance.
Tes initiales ont marqué mon âme avec un fer ardent, elle te suivra comme l’ombre suit ton existence, pour te rappeler ces affections dont tu n’as été digne que parce que je l’ai voulu. Brûlent ma colère et ma passion en synchronie, qui retracent le portrait ayant fait l’objet de mes illusions.
La robe blanche, symbole de la pureté que tu as choisi de m’enlever. Le maquillage, les artifices, que tu as fait couler goutte par goutte. Passent les nuits, sonnent les cloches de midi, et j’attends de me réveiller, pensant que jamais je n’aurais, d’ordinaire, aimé à en mourir, désiré à en souffrir. Que ton torse se torde et se plie chaque fois que ton prénom est prononcé par mes lèvres, et que la misère sache te saisir de la même manière qu’elle a saisi mon être.




