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Energheia EuropaI racconti del Premio Energheia Europa

Jardin du Luxembourg, Amélie Stark

Récit finaliste du prix Energheia France 2020.

Je sortie du Louvre et sera la main d’Iris en guise d’aurevoir, regrettant presque ma décision d’aller la voir ce matin-là. J’avais ignoré les recommandations du gouvernement, et étais sortie au lieu de rester à la maison pour éviter une contagion. A l’idée d’avoir Iris prêt de moi, sa voix, ses yeux, sa peau, sa chaleur j’en étais presque à me dire que cela en valait la peine. C’est peut-être pour ça qu’on mourrait de la peste à l’époque, toujours à la recherche des êtres aimés, quelques en soient les conséquences pour eux ou moi. Iris me sourie puis partie, je détournais les yeux, mon cœur me brûlait. J’avais mal.

Je pense que si je n’aimais pas Iris je la verrai plus souvent, or j’ai peur que mes yeux ne me trahissent où que demander à ce qu’on fasse quelque chose ensemble, une fois encore, ne soit de trop. Il fallait que je marche, nous n’étions que midi et cette journée ensoleillée d’hiver m’invitait tout simplement à marcher vers le jardin du Luxembourg. Comme pour le Louvre je ne m’étais jamais donner le temps de connaître le nom des statues ou des plantes qui constituaient l’œuvre botanique. Ma théorie était que j’avais développée une sorte d’allergie à la culture, enfin à l’injonction de sembler érudit, finalement Flaubert et Baudelaire revenaient pour la France à l’esprit macabre du « money, money » américain. A chaque pays son aliénation, sa propre hypocrisie. Peut-être qu’il fallait me résigner, je ne serai jamais riche ni érudite, et Iris ne me regardera jamais comme moi je la regarde.

Les dalles du Louvre son bientôt remplacées par les gravillons précédent le jardin, lui presque désert. J’aimais les espaces vides, mais pas inhabités, c’était parfait. Le ciel était d’un bleu sans nuage, et le froid me tirait la peau, me donnant des fausses impressions d’un prémisse du paradis. Je continuais à marcher, mes talons créant un bruit dissonant, le silence de cette Eden à la française se brisait sous mes pas. Nous étions le 14 mars, le 8 avait eu lieu la journée de la femme, des violences policières suites aux manifestations pour l’évènement faisaient la une des journaux. Iris ne parlait que de ça au lieu de regarder les tableaux, au lieu de me parler à moi, avec moi.

Un couple se baladait avec leur enfant dans une poussette. Bien qu’étant une partisante des droits des femmes je ne pouvais que me sentir jalouse de l’attention qu’Iris portaient à celles-ci ; et puis ça m’ennuyait ; enfin parler de féminisme à une convaincue, ça ne sert à rien. Parfois mon amie détournait son attention du sujet pour regarder son portable, et j’avais envie de crier « je t’aime ! », « regarde-moi ma chérie », « je suis là », je savais heureusement garder le silence, les amis sont après tout une denrée rare et périssable si mal entretenus. Le couple continuait vers le jardin et je marchais derrière eux. Les arbres commençaient à bourgeonner.